• Réflexion sur la pratique du chant signé au collège

    Projet Le Chant des Signes au collège Cousteau

    Réflexion sur la pratique du chant signé en lien avec les programmes d’enseignements pour les enseignements artistiques de l’école élémentaire au collège – BO spécial n°11 du 26 novembre 2015.

    Le chant des signes

     

     

     

    « L’éducation musicale développe deux grands champs de compétences structurant l’ensemble du parcours de formation de l’élève jusqu’à la fin du cycle 4 : la perception et la production. Prenant en compte la sensibilité et le plaisir de faire de la musique comme d’en écouter, l’éducation musicale apporte les savoirs culturels et techniques nécessaires au développement des capacités d’écoute et d’expression. »

    Extrait des programmes 2016 pour les enseignements artistiques.

    Tout comme « la pratique vocale suppose l’écoute », la pratique du chant en LSF (chant signé ou chantsigne) suppose l’attention du regard: inversement, si «l’écoute profite de la mobilisation de la voix » du chanteur, nous pouvons considérer que l’attention du regard chez le chantsigneur profite de la mobilisation des gestes/signes en Langue des Signes Française. Le chantsigne peut s’enrichir des pratiques propres au chant qui mobilisent le corps dans le geste musical (formule rythmique frappée ou organisant un mouvement, balancements du corps, rythme, etc.).

    La pratique de chant signé ouvre la possibilité aux élèves sourds et entendants du club LSF de découvrir une forme inédite du chant. Pour les élèves sourds particulièrement, elle ouvre l’accès à un répertoire musical qui passe principalement par la découverte des textes écrits, des partitions. Le répertoire étudié dans le cadre de la chorale permet d’interpréter en LSF des chansons variées «dans des styles et des époques divers»: allant de la comptine enfantine à des chants plus complexes. Cette découverte des chants participe à l’enrichissement culturel et musical des élèves sourds et malentendants.

    Chanter demande d’interpréter. Chantsigner le demande également. L’élève doit être capable de signer une mélodie simple avec une adaptation juste des signes en LSF et une intention expressive (expression du visage, engagement du corps). Il doit mémoriser et signer par cœur un chant appris par imitation, mobiliser son corps pour interpréter en LSF les chansons et identifier les difficultés rencontrées dans l’interprétation d’un chant. Les ateliers "chantsigne" peuvent proposer des jeux d’interprétation d’une phrase mélodique, d’un couplet de chanson en lien avec des intentions expressives en LSF. Comme en chant, le chantsigne peut s’appuyer sur certains paramètres : intensité, espace, mouvement, durée, tempo.

    La mise en œuvre du projet Le chant des signes donne lieu à un travail pluridisciplinaire incluant des projets tels que la représentation théâtrale, l’espace scénique, l’espace de présentation. L’activité de chantsigne favorise une certaine forme d’expérimentation : l’interprétation des chants en signe reste un travail de création poétique qui touche à la sensibilité personnelle du chantsigneur. Il ne s'agit pas de traduire mot à mot le chant en mots-signes, mais bien d'interpréter le chant, tout en respectant la syntaxe propre à la Langue des signes française.

    Ici, le geste en signe, comme la voix en chant, est vecteur pour faire de la musique. Allier ces deux vecteurs lors de la chorale du collège s’inscrit dans un processus de création collectif unique.

     

    Marie-Amélie Hernandez, coordonnatrice ULIS TFA, Collège Cousteau de Breuil-le-Vert.

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